Mis à jour le 6 février 2019

Pour la troisième fois en trois mois, 4000 personnes ont marché pour le climat ce samedi 8 décembre à Lille, en signe d’alerte aux décideurs, réunis à Katowice pour la COP24. Le collectif citoyen « Ensemble pour le climat en Hauts de France » vient ainsi de confirmer son ancrage et sa capacité à durer.

Marche Climat 08/09/18 - crédits MRES

Quand c’est fondu, c’est foutu

Au commencement, on s’en souvient, la démission de Nicolas Hulot fut l’étincelle. Le lendemain de la démission du ministre, la Maison Régionale de l’Environnement et des Solidarités (réseau MRES) publiait un communiqué largement partagé. Dans la foulée, deux de ses administrateurs ont proposé au réseau de tenir un rassemblement en réaction à ce « coup de tonnerre », pour le faire coïncider avec une action mondiale pour le climat prévue de longue date le 8 septembre. Il en était jusqu’alors peu question, l’occasion était donnée de lui donner de la visibilité. Il est d’ailleurs significatif que de nombreux rassemblements se sont décidés spontanément partout en France pour les mêmes raisons. Ils ont été préparés en moins de 10 jours, grâce aux moyens engagés par l’ONG internationale 350.org.

La couverture médiatique fut inhabituelle pour ce type d’événements et a permis de renforcer la mobilisation. 5 000 personnes étaient présentes sur la Grand Place de Lille le 8 septembre. Cela représentait une mobilisation hors normes pour une cause environnementale en région.

A l’issue du rassemblement, plus de 500 adresses collectées ont permis d’informer les participants sur les suites. Les réseaux sociaux aidant, la MRES a pu susciter le lancement du collectif qui a attiré 300 personnes à Lille, préoccupées par le défi climatique, avec ou sans engagement personnel antérieur.

Ensemble pour le climat en Hauts de France

Ce lancement a donné lieu très concrètement à un collectif simplement citoyen, doté d’une organisation souple, qui passe notamment par les réseaux sociaux (Discord, Facebook) et par la création de groupes de travail (argumentaires, pressions sur les élus, communication, mobilisation des citoyens, organisation de marches...).

Le collectif se perçoit comme un espace d’échanges autour d’une préoccupation commune, comme un groupe de pression visant à produire une rupture de pensée qui rende possible une diminution des gaz à effet de serre à la hauteur des enjeux. Son objectif est de provoquer dès maintenant un tournant politique chez les décideurs du territoire : un changement à l’échelle de l’urgence.

La publication du résumé aux décideurs par le GIEC le 8 octobre 2018, a enclenché une semaine de mobilisation au delà de la marche du 13 octobre qui a réuni autant de personnes qu’au premier rassemblement. Une vingtaine de groupes citoyens se sont ainsi rendus dans leurs mairies pour remettre symboliquement le résumé aux décideurs du GIEC. Ils ont exprimé la volonté d’organiser des rendez-vous réguliers pour la « mise en œuvre urgente d’une politique municipale faisant de cet enjeu vital une priorité absolue ». Un rassemblement devant la MEL le 19 octobre a conclu cette semaine de mobilisation. De manière générale, les groupes ont effectivement été reçus par les Maires, et les deuxièmes rencontres ont commencé à se tenir depuis fin novembre.

Le collectif rassemble des personnes très diverses, jeunes et moins jeunes, déjà engagées ou pas, et s’attelle à un grand nombre de tâches pratiques, logistique, de formation, de construction d’arguments. Il repose essentiellement sur la bonne volonté des individus qui le rejoignent. Enfin, il expérimente des modes de prises de décisions dans un contexte moins bordé que celui d’une association structurée. C’est ce qui compose sa richesse et sa complexité.

Après trois marches de plusieurs milliers de personnes, deux plénières réunissant de 160 à 300 personnes des samedis matins, six groupes de travail et une vingtaine de groupes locaux en région, il devient manifeste que le collectif lancé le 29 septembre à l’issue du premier rassemblement est déterminé à durer, dans un contexte national où d’autres groupes citoyens et campagnes pour le climat (Citoyens pour le climat, Il est encore temps) se développent à la même allure.

Une allure qui tente de provoquer sans tarder d’indispensables changements d’orientation dans les politiques publiques... pour éviter – selon les propos du secrétaire général de l’ONU - “des conséquences désastreuses pour les humains et les systèmes naturels”. Un collectif à suivre de près…

Pour suivre le collectif :

Page facebook : https://www.facebook.com/ensemblepourleclimat.hdf/

Mail : ensemblepourleclimat.hdf@gmail.com

Article rédigé par Nathalie Sédou pour la Maison Régionale de l’Environnement et des Solidarités (MRES)

Crédits photo : MRES

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