Mis à jour le 28 novembre 2016

Le service développement durable de la Ville de Roubaix a été créé en 1998 et la décision du Conseil municipal de démarrer un Agenda 21 date de 2002, sous l’impulsion de l’élu en charge de l’environnement. Le développement durable et l’Agenda 21 sont fortement portés par l’administration. Le pilotage technique est en effet exercé au plus haut niveau de la collectivité puisque le comité technique est un comité de directeurs réunissant les directeurs généraux et les directeurs généraux adjoints. L’accent a surtout été mis, jusqu’à présent, sur la dimension environnementale et sociale : « une préoccupation environnementale pour améliorer la qualité de vie des personnes en précarité », explique Audrey Leclercq, chargée de mission au service développement durable.

Un Agenda 21 d’organisation puis de territoire

La démarche a démarré par l’interne, dans les services municipaux, puis s’est progressivement ouverte aux acteurs de la ville : associations, acteurs économiques. «  Ici, à Roubaix, la première problématique était la mobilisation des services en interne », explique Audrey Leclercq. La mobilisation des services est exercée par les trois personnes de la mission développement durable, qui travaillent avec 90 % des services. Le service développement durable joue le rôle de pilote, de co-animateur et accompagne les services qui ont la charge de mener leurs propres actions.

La Ville a aussi rapidement été repérée par les acteurs extérieurs comme pouvant jouer un rôle de partenaire. Les projets de développement durable sont donc à la fois proposés par les acteurs économiques et sociaux et par la Ville. « Les acteurs économiques viennent nous voir de manière plus naturelle et progressivement on tisse des relations avec eux (…). La mobilisation vient aussi bien du fait de la ville que de leur propre initiative », explique la chargée de mission. Le service fait participer les associations au comité technique des projets et les accompagne dans la mise en place de leurs actions lorsqu’elles manquent de qualification dans le domaine du développement durable. La démocratie participative a pu s’appuyer sur l’expérience ancienne de la ville en matière de mobilisation et d’écoute des habitants.

En cours d’élaboration des stratégies

La Ville a confié la réalisation de son premier état des lieux environnemental à un bureau d’études en 2002. Les autres diagnostics sont produits en interne.

Elle est en train de définir ses stratégies de développement durable à 5 voire 10 ans, desquelles découleront des objectifs ambitieux et des budgets. Elles concernent en particulier la biodiversité et les économies d’énergies. La mise en place de ces stratégies prend du temps car la Ville de Roubaix a traditionnellement plus une culture d’opportunité que de stratégie. « C’est lié à l’histoire de la ville, qui au fur et à mesure de ses idées a saisi des opportunité de financement », explique la chargée de mission.

Elle n’a pas pour l’instant écrit de plan d’actions ni de calendrier. Les actions sont écrites et planifiées au fur et à mesure que les services décident d’en prendre la compétence. « Ce que je veux c’est que les choses changent vraiment, il faut des stratégies et des choses opérationnelles », défend Audrey Leclercq.

Les actions de développement durable bénéficient à la fois du budget du service (300 000 euros) et des budgets des services qui réalisent ces actions.

Les difficultés rencontrées

La démarche de développement durable municipale manque d’un COPIL dynamique. Celui-ci a réuni peu de participants à son démarrage et ne parvient pas à attirer de nouveaux acteurs aujourd’hui. Une nouvelle formule doit être trouvée.

Autre difficulté potentielle : certains projets très ambitieux, comme la création d’un corridor biologique, qui nécessitent un à plusieurs millions d’euros, peuvent être freinés par la capacité d’investissement de la Ville.

Le développement durable au cœur du nouveau projet de ville

La redensification de la ville, par la reconstruction de ses friches industrielles, crée un enjeu pour le cadre de vie, auquel peut répondre le développement durable qui veille à la mobilité, à la consommation énergétique, à la biodiversité, à l’eau. « Dans cette phase de reconstruction relativement massive, notre enjeu c’est d’arriver à construire une vile durable, une ville qui associe une identité très forte, une population pauvre et une qualité du cadre de vie ».

Les projets de développement commencent à intéresser les élus, du fait de l’ampleur qu’ils prennent, de la montée en compétence de l’équipe et de la maturité des partenaires. « On sent que le territoire monte en maturité. Il commence à y avoir des partenaires solides. On essaie de les rendre plus mûrs, plus solides et plus ambitieux ».

Les leviers de progrès

Une fois qu’elle aura fini d’écrire ses stratégies et objectifs, la Ville pourra ouvrir de nouvelles thématiques et élaborer des projets plus précis. Elle prévoit déjà d’investir les champs de l’énergie, de la trame verte et bleue, des transports, de l’eau, de l’éducation à l’environnement et du commerce équitable. De nouveaux outils de communication ont aussi être créés : un site internet dédié au développement durable, qui relaie les projets de la ville et des habitants, de nouveaux services web, ainsi qu’une présence plus accrue du service DD dans les conseils de quartier (une à deux intervention par an pour chaque conseil de quartier).

Les indicateurs de suivi et d’évaluation de l’Agenda 21 sont en cours d’élaboration. Ils contribueront à l’actualisation (tous les trois ans) de l’atlas cartographique du développement durable à Roubaix, publié la première fois en 2008. Surtout, ils permettront d’évaluer les actions et projets menés par la ville au regard des objectifs du Grenelle, de la métropole lilloise et de la Région Nord-Pas-de-Calais, dans un objectif d’intégration et d’articulation des échelles. L’évaluation sera réalisée au moyen d’une collecte de données par l’Intranet : chaque service recevra une page pré-remplie à compléter. 70 % de ces données seront traitées automatiquement. Les résultats seront pour partie consultables sur le site internet et dans le rapport développement durable.

Fiche du projet

  • Action : Mise en œuvre de l’Agenda 21 communal
  • Territoire : Roubaix
  • Porteur du projet : Ville de Roubaix

Contacts techniques :

  • Sandrine Varlet, pour le volet sensibilisation et éducation à l’environnement
  • Audrey Leclercq pour les opérations et projet d’envergure à l’échelle municipale
  • Vanessa Sobry pour les actions internes

Contact politique :

  • Fabrice Belin, adjoint chargé du développement durable
  • Pierre Dubois 1er adjoint

Calendrier :

  • 1998 : création du service développement durable
  • 2002 : délibération du Conseil municipal pour lancer l’élaboration de l’Agenda 21
  • 2007 : délibération du Conseil municipal sur l’état d’avancement de l’Agenda 21

Abonnez-vous !Recevez le meilleur de l'information régionale DD & Climat

S'inscrire